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30/04/2013

L’Hôpital psychiatrique d’Uzès en Danger ! communiqué "Ensemble pour Uzès"

Le Service Public et ses offres de soins menacés ! La valeur humaine marchandée ! Des personnels malmenés dans leur conception et leur pratique professionnelle !  Des emplois supprimés à court  terme! La Direction du CH Psychiatrique du Mas Careiron vient d’apprendre par l’ARS (Agence Régionale de Santé)  que son budget serait diminué en 2013 de  270 000 €,  et d'1 million sur 5 ans. 

Pourquoi une telle décision ??
L’Hôpital Public subit une pression budgétaire et morale depuis la Loi de Juillet 2009 (dite aussi loi Bachelot) : la Loi « Hôpital, patients, santé, territoires » (HPST) place au cœur du soin la dimension économique de rentabilité, au détriment de l’Humain. La révision générale des politiques publiques en 2007 puis en 2012 avait comme objectif la réduction des dépenses publiques, qui a engendré un changement de valeurs, la conception même de service public est remise en cause. Le Languedoc–Roussillon reste la seule région française où la Directrice de l’ARS (nommée le 31-03- 2010 par le Conseil des Ministres) continue à appliquer une Loi arbitraire, injuste, en dehors des réalités humaines et matérielles.

Conséquences et Pertes :
le CH subit la mise en place de la tarification à l’activité (T2A)* qui entraine une nouvelle conception du travail à l’Hôpital, centrée essentiellement sur la rentabilité …
 
Une Destruction  annoncée:

- Fin de la Sectorisation (proximité des lieux et des équipes de soin). Une remise en cause de la démarche  et des valeurs de cet Hôpital Psychiatrique ouvert vers la Ville (la resocialisation des patients).  
- La suppression de lits d’accueil avec un détricotage de l’existant et une volonté arbitraire de rattachement d’Unités de soin sur des pôles plus importants (CHU de Nîmes, CH d'Alès). 
- La suppression de postes sur Uzès et de structures dans le Gard, impactant fatalement le tissu socio-économique de notre territoire.

Ensemble Pour Uzès soutient la Direction, les médecins psychiatres – maîtres d’œuvre d’une prise en charge dans le respect des libertés d’autrui - et le personnel paramédical associé à une démarche de qualité de soin, respectueuse de la personne.

* Traçabilité des actes soignants, diminution de surcroit de la disponibilité et du temps consacré à une prise en charge individuelle des patients, dotations en fonction du « rendement » de chaque pôle de soin (comptabilisation et coût des entrées –sorties), etc.

 

Commentaires

« Tourner la page de la loi Hôpital patients santé territoire et en écrire une autre… ». « À ceux qui veulent considérer l’hôpital public comme une entreprise, je veux dire qu’ils se trompent ». Marisol Touraine, ministre de la Santé, n’a pas lésiné sur les formules-choc à l’occasion de la remise du rapport Couty intitulé un « pacte de confiance pour l’hôpital ».
Mais derrière l’écran de fumée des mots, les 13 mesures annoncées, loin de rompre avec la politique des précédents gouvernements ne constituent que des aménagements mineurs et s’inscrivent dans la même politique de réduction de la place du service public et de privatisation de la santé.
Le service public défavorisé dans les faits
Conformément aux promesses de campagne de Hollande, la notion de service public, supprimée par Sarkozy, sera réintroduite dans la loi. C’est bien sûr positif mais cela n’aura guère de conséquence pratique face l’austérité renforcée (– 650 millions d’euros) qui pèse sur l’hôpital.
Alors que les dépenses hospitalières, à effectifs constants, augmentent de 3, 5 % par an, le gouvernement vient de décider pour 2013 une baisse des tarifs de 0, 84 % (le tarif est ce que la sécurité sociale rembourse à l’hôpital pour le séjour d’un patient). Ce sont des milliers d’emplois hospitaliers qui sont à nouveau menacés, et les restructurations et fermetures de services et d’établissements vont se poursuivre. L’hôpital public est même défavorisé dans les faits par rapport au secteur privé commercial, ce dernier voyant en effet ses tarifs baisser seulement de 0, 21 % (soit quatre fois moins que le public). Contrairement au secteur public, il vient en outre de bénéficier des largesses du « pacte de compétitivité » (500 millions d’euros).
L’amélioration du financement des missions de service public de l’hôpital est renvoyée aux conclusions d’une « mission ». Il s’agira d’un simple ajustement : dores et déjà, la ministre a prévenu, la « tarification à l’activité » génératrice de course à la productivité, au toujours plus avec moins de personnel, sera maintenue, avec ses conséquences sur la qualité et la sécurité des soins, ainsi que sur la souffrance et l’épuisement professionnels des personnels.
Le « pacte de confiance » propose enfin un simple rééquilibrage du pouvoir entre directeurs administratifs et médecins, le personnel hospitalier étant totalement ignoré.
La « territorialisation » au service de la privatisation
La principale innovation annoncée par Marisol Touraine est la création d’un « Service public territorial de santé ». Derrière ce qui semble une idée de bon sens – mieux coordonner l’ensemble des acteurs du soin – s’en cache une autre, la même que celle de Sarkozy : réduire les missions du service public pour les transférer à des acteurs privés libéraux, commerciaux, ou associatifs, essentiellement dans un but d’économie.
Contrairement aux affirmations de Marisol Touraine, ce gouvernement n’a en réalité aucune intention de « tourner la page » de la loi HPST et maintient en place son pivot : les agences régionales de santé.
La mobilisation unitaire, pour l’abrogation de la loi Bachelot, contre l’austérité dans la santé, pour une extension du service public de santé dans et hors l’hôpital et pour plus de moyens, conserve toute son actualité. Il reste maintenant à la construire.

Écrit par : Rouge NPA | 06/05/2013

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