Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

29/06/2012

Extension Carrière de Vallabrix

La commissaire enquêtrice a donné un avis favorable, sans la moindre  réserve  à la  demande d'extension  et d'augmentation de production de la carrière de Vallabrix,  qui passerait de 325 000 tonnes à 575000 tonnes,  et ce, pour une durée de 20 ans..

Cet avis pose problème à la fois sur l'aspect transport et  acheminement des sables et sur le  l'extension en elle même

1- Acheminement des sables par  camions de 40 tonnes,(parfois attelés d'une remorque)  et mise en danger de la sécurité des personnes

Selon la commissaire enquêtrice   la  nouvelle sortie SPIR  constituerait une réelle  avancée : 

  "Il est prévu qu'un quart du trafic seulement continuera à passer coté Vallabrix, soit 22 rotations au lieu des 45 rotations actuelles,  ainsi le trafic passant par Uzès et Saint Quentin sera diminué de moitié"  

 Les riverains et villageois apprécieront  l'imprécision car sur les 22 rotations annoncées (donc 44 passages de camions A et R)  on ne connait pas la répartition entre Uzès et St Quentin , ce qui déjà assez grave en soi.  Si Uzès bénéficie pour l'essentiel  de la  sortie SPIR il  faudrait pour le moins exiger que l'itinéraire passant par  le centre du village de St Quentin soit  lui aussi  remplacé par la sortie SPIR (N 86) en direction du N et de l'Ouest à hauteur  de Bagnols.

Le problème de la sécurité et des nuisances reste intact car  les routes ne sont pas adaptées  à ce trafic (voir photo  gabarit camion et véhicule de tourisme sur chemin de terre  à Uzès en dehors de tout itinéraire répertorié)

2- Le principe de l'extension et impacts  divers :

Les nuisances environnementales  n’ont pas été suffisamment prises en compte  dans le rapport de la commissaire enquêtrice qui relève  pourtant à propos de l'impact sur le paysage : 

"Depuis la plaine de Vallabrix et les coteaux N  de la plaine d'Uzès  l'impact du projet sera important avec une modification de la géométrie du paysage"

          - Impact  sur l’eau  entraînant un risque majeur de pollution et d'ensablement des rivières, phénomène donnant déjà  lieu à procès.

          -  Impact  sur la faune et la flore (autorisation de destruction d'habitats  d'espèces protégées prise par arrêté du 4 novembre 2009)

          - Impact sur le tourisme , 1ère source de revenus   pour le Gard

          - Dépréciation foncière des biens

          - Atteinte au cadre de vie 

Le choc des titans.jpg

3-  Le problème lié à l’absence de  réhabilitation  antérieure du site par Fulchiron

L'historique de  l’exploitation de la carrière de Vallabrix montre à quel point les engagements pris par la Ste Fulchiron ont été  tenus à minima ,  sans  qu’elle ait rencontré une forte contrainte en dépit de ce qui était prévu  sur les arrêtés (d’où le bilan d’exploitation catastrophique actuel)  le rapport conclut :

 "ainsi le projet présenté , s'il permet à Fulchiron de developer son entreprise et de satisfaire de nouveaux clients, permet aux communes concernées de régler les problèmes de réhabilitation posés par des carrières précédemment exploitées de manière peu conforme"

Depuis l'autorisation de 2001 prévoyant des contraintes lourdes  pour l'évacuation des eaux pluviales vers le Valadas, peu de choses ont été faites et la la situation n'a cessé de s'aggraver sans  mise en demeure par les autorités compétentes.  L' exploitation de Vallabrix  est actuellement  en péril tant l’érosion  est forte, jamais endiguée correctement  , responsabilité que la Ste Fulchiron et l'enquêtrice font reposer  en  majeure partie sur l'ancien exploitant  la SETTSR.

 Pourtant Fulchiron exploite la carrière depuis plus de 10 ans !  Si l'on avait exigé des sanctions et des mises en réserve de fonds pour la réhabilitation du site , le bilan serait moins  dramatique et le chantage n'aurait pas eu de raison d'être.

 Ce que certaines associations ont qualifié de « prise en tenaille »  pour donner un avis favorable, relève davantage d’une forme de chantage fait par la Sté Fulchiron à l'égard des communes concernées,  que d'un juste équilibre :  à savoir lier  la demande d'extension du site vers St Victor  avec la réhabilitation du site de Vallabrix  tout en préservant la colline encore  boisée du Brugas.

Le rapport prévoit quelques contraintes  sans precisions formelles

Reste à savoir  qui les fera réellement  appliquer ? qui contrôlera et sanctionnera le non-respect des itinéraires   emprunté par les camions ?

Conclusion :

Le fait de n’avoir pas tenu compte  des remarques et réserves  faites par différentes associations  est inacceptable   et mérite une  réponse collective  pour faire valoir une nouvelle demande.

Sous différents prétextes  la Sté Fulchiron  s’est affranchie de la nécessité de faire et n’a pas tenu ses engagements, que ce soit en matière  d'itinéraires de transport  ou  de  réhabilitation du site .  On peut  donc douter de ses engagements actuels  pour le futur, et prendre en compte l’inquiétude des habitants de Vallabrix et des  villages avoisinants, impacts par les transports,  tant la durée du projet est importante : il engage l’avenir sur 20 ans !

Nous avons depuis peu  un élu Europe Ecologie Les Verts ,C.  Cavard , nous serons  attentifs  à sa prise de position sur ce sujet

Anaïs de Ranitz   

Correspondante Ass. Paysages de France

Les commentaires sont fermés.